Tout savoir sur l’équilibre acido-basique

L’équilibre acido-basique

Sommaire
1. L’équilibre acido-basique (introduction)
2. Les acides et les bases : définition et voies d’élimination
3. Savoir si l’on est acidifié(e)
4. Rétablir l’équilibre acido-basique

Le texte Ecrit par Marion Henry. Au moment où elle l’a rédigé, Marion Henry était étudiante en 3ème année de praticienne de santé naturopathe à l’école Aesculape (13). Contact: m.henry.naturo@gmail.com.

L’homéostasie est la capacité de notre organisme à rester en équilibre en dépit des changements constamment à l’œuvre dans notre environnement. Il s’agit d’un équilibre dynamique, qui est sans arrêt en train d’être réajusté en fonction des fluctuations du milieu. Un certain nombre de paramètres sont concernés par cette recherche d’équilibre : les normes biologiques du corps que sont la température corporelle, l’oxygénation, la tension artérielle, le taux de glucose, de fer, etc. Le maintien du pH légèrement alcalin du sang autour de 7,40 est une de ces constantes. Ce pH a une marge de variation très faible de 7,35 à 7,42. En dehors de ces valeurs, on entre dans des dysfonctionnements physiologiques, puis c’est la maladie et la mort si l’on s’éloigne trop des valeurs vitales (moins de 7 et plus de 7,8). Or la ronde des acides et des bases est perpétuelle dans l’organisme : la respiration, la digestion et le fonctionnement physiologique même du corps en génèrent à chaque instant. L’équilibre acidobasique est un équilibre dynamique, sans cesse en mouvement, qui consiste à maintenir le pH sanguin à son taux optimum et, de manière plus générale, le pH adapté aux différents liquides du corps (liquide intra et extra-cellulaire, liquide céphalo-rachidien, sécrétions digestives).

Je vais d’abord expliquer ce que sont les acides et les bases et d’où ils proviennent. Puis la façon dont ils se maintiennent en équilibre dans le corps, comment on peut déceler un déséquilibre et ce qu’il crée. Enfin nous verrons comment on peut le résoudre et retourner vers un état d’équilibre.

Les acides et les bases : définition et voies d’élimination

Le pH

Un acide est défini chimiquement par sa capacité à libérer des ions hydrogènes H+ dans une solution. Ainsi, plus un aliment libère d’ions H+ lors du processus de digestion, plus il est dit acide ou acidifiant et ceci indépendamment de sa saveur. Le sucre raffiné, par exemple, est un aliment très acidifiant, malgré la douceur de son goût. A contrario, moins un aliment libère d’ions hydrogène H+ dans une solution (et plus il libère d’ions hydroxydes OH-), plus il est dit basique ou alcalin. C’est pourquoi l’échelle de mesure de l’acidité ou de l’alcalinité d’une solution est la mesure de son pH = son potentiel hydrogène, sa potentialité à libérer des ions hydrogène. Cette échelle va de 0 à 14; 7 est considéré comme un pH neutre, un état d’équilibre; de 0 à 6 il s’agit d’un pH acide; de 8 à 14 d’un pH basique ou alcalin. Plus le chiffre est petit, plus une solution est acide; plus il est grand plus une solution est basique ou alcaline. 

Que sont les aliments acides ou alcalins ?
C’est la teneur minérale d’un aliment qui détermine son taux d’acidité: il y a des minéraux acides (soufre, phosphore, iode, silice, chlore, fluor et un gaz : le gaz carbonique) et des minéraux basiques (calcium, magnésium, potassium, sodium, fer, manganèse, cobalt et cuivre) : c’est le dosage entre les uns et les autres qui rend donc un aliment plutôt acide ou basique. Sa teneur en citrate et en bicarbonates, qui sont des sels alcalins est également déterminante. Or depuis une soixantaine d’années, depuis l’avènement de l’alimentation raffinée et industrielle, les aliments acidifiants ont largement pris le pas sur la consommation d’aliments basifiants. En effet, la présence de vitamines, de minéraux et d’oligo-éléments dans les aliments assure leur dégradation complète lors du processus digestif. Lorsque ces ferments de vie sont absents ou présents en quantité insuffisante, les aliments sont incomplètement dégradés et ces sous-produits sont la plupart du temps des acides (acide pyruvique, par exemple, sous produit de dégradation du sucre). A cela vient s’ajouter la présence de pesticides, d’additifs alimentaires ou encore l’excès de sucre et de graisses saturées qui sont générateurs d’acides. Ce déséquilibre est à la source de nombreux maux très variés d’autant plus qu’il est souvent accentué par un mode de vie extrêmement acidifiant : le stress chronique, le tabac, le manque d’oxygénation et de mise en mouvement du corps sont très acidifiants. La gamme des aliments acidifiants est large et elle concerne des catégories alimentaires dont on ne peut absolument pas se passer. Il ne s’agit surtout pas de les éliminer de notre alimentation, mais bien de rechercher un équilibre. Pour cela, on cherchera à consommer quotidiennement une large part d’aliments basifiants et on choisira aussi le type d’aliments acidifiants que l’on consomme : les protéines végétales (les légumineuses) sont nettement moins acidifiantes que la viande, les huiles végétales de première pression à froid moins que les huiles raffinées ou hydrogénées, les céréales demi complètes moins que les céréales raffinées, le sucre de canne intégral moins que le sucre blanc ou roux…

Il existe des variantes selon les auteurs (pour certains les aubergines ou les noisettes sont acidifiantes, pas pour d’autres) mais ils s’accordent tous sur les catégories principales (céréales, viande, légumes etc.), il est donc possible de s’appuyer sur celles-ci pour procéder à un réglage alimentaire. Néanmoins, pour accéder à un équilibre entre les acides et les bases, il ne s’agit pas seulement de considérer la composition des aliments, mais aussi la capacité d’un individu donné à éliminer les acides car celle-ci lui est propre et les voies d’élimination des acides ne sont pas toutes les mêmes.